Teledetection
Des satellites survolent l'Afrique tous les cinq jours, et leurs images sont gratuites
Le programme Copernicus met a disposition, librement et gratuitement, des images de tout le continent renouvelees tous les cinq jours. Tres peu d'organisations africaines les exploitent. Voici ce qu'elles permettent de faire, concretement, et par ou commencer.
Il existe une ressource considerable, gratuite, mise a jour en permanence, et pourtant largement inutilisee par les organisations qui en auraient le plus besoin : l'imagerie satellite ouverte.
Une archive qui grandit chaque jour
Depuis 2014, le programme europeen Copernicus diffuse librement les images des satellites Sentinel. Sentinel-2 photographie l'ensemble des terres emergees avec une resolution de dix metres et une frequence de revisite de quelques jours. Le programme americain Landsat, lui, documente la surface terrestre depuis 1972 : c'est la plus longue serie continue d'observation de la Terre.
Pour l'Afrique, l'initiative Digital Earth Africa met a disposition ces donnees dans un format optimise pour le cloud, deja corrigees et pretes a l'analyse. Autrement dit : la donnee existe, elle est prete a l'emploi, et elle ne coute rien.
Ce que ces images permettent de voir
Les usages ne sont pas theoriques.
Le suivi de l'etalement urbain, quartier par quartier, sur vingt ou trente ans. La mesure de l'etat des cultures en cours de saison, pour anticiper une mauvaise recolte. La cartographie des zones inondees dans les jours qui suivent une crue, pour orienter les secours. La detection de la degradation des sols ou du recul du couvert forestier.
Dans chacun de ces cas, la comparaison entre deux dates transforme une impression en mesure. Et une mesure change la nature du debat : on ne discute plus d'opinions, mais de chiffres.
Le verrou n'est plus technique
Longtemps, exploiter ces donnees supposait de les telecharger - des teraoctets - puis de disposer d'une infrastructure de calcul consequente. Des plateformes comme Google Earth Engine ou le bac a sable de Digital Earth Africa ont fait tomber cette barriere : le traitement se fait dans le cloud, a l'echelle d'un pays entier, depuis un simple navigateur.
Ce qui manque aujourd'hui n'est donc ni la donnee, ni la puissance de calcul. C'est la competence pour formuler la bonne question et conduire l'analyse jusqu'a une reponse exploitable par un decideur.
Par ou commencer
Identifiez d'abord une question precise a laquelle votre organisation ne sait pas repondre aujourd'hui. Ou s'etend l'urbanisation informelle ? Quelles zones agricoles ont souffert cette saison ? Quelles surfaces ont ete touchees par la derniere inondation ?
Cette question determinera tout le reste : le capteur pertinent, la periode a analyser, la methode de traitement, le format de restitution. C'est exactement l'inverse de la demarche habituelle, qui consiste a chercher quoi faire d'une donnee qu'on possede deja.
Commencez petit, sur une commune ou un departement. Produisez un premier resultat verifiable. Montrez-le. C'est ainsi que se construit la conviction en interne, bien plus surement qu'avec une presentation sur le potentiel de la teledetection.
A geomatics project? Let's talk.
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